Voyage en Islande

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Johann

Et pourquoi l'Islande ? L'histoire ne devait pas s'écrire ainsi... hasard... récits de voyage... beaux paysages... rigueur du climat... certaines photos... j'avais l'opportunité de visiter non pas un autre pays mais une autre planète !!!!

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Et pourquoi l'Islande ?

Par Johann :: jeudi 31 janvier 2008 à 1:55




L'histoire ne devait pas s'écrire ainsi... D'autres directions étaient pressenties...

 
D'abord l'envie historique : New York ? J'ai toujours eu envie de croiser un président de la république faisant son footing à Central park.

Ou l'exotisme... Prendre l'avion pour Moscou puis le train pour Pékin ? avec quelques «stop and go » du coté d'Irkoutsk et d'Oulan-Bator !!!

Sinon une ballade culturelle du coté de l'Amérique Latine ? Le Guatemala et ses sites mayas... la mer, le soleil. Et la montagne aussi...Mais en juillet il y a beaucoup de pluie aussi... Alors l'Argentine mais c'est l'hiver et il fait froid.

Alors comment l'Islande est elle arrivée à l'ordre du jour? C'est un ancien joueur du pseudo club local de Water-polo rencontré par hasard en bas du 69 rue des Ayres à Bordeaux (33), qui m'a mis sur la piste, et j'ai trouvé l'idée séduisante...

Je commence à regarder plus précisément la carte locale, je ne comprends rien à tous ces noms, ils se ressemblent tous... Je lis quelques récits de voyage. Tous s'accordent à décrire de très beaux paysages mais soulignent également la légère rigueur du climat même en été. Bref, il faut sortir couvert!

C'est en découvrant certaines photos que j'ai définitivement eu l'envie d'aller en l'Islande et notamment avec celles du site du landmannalaugar. En voyant ces paysages du bout du monde, ces montagnes de couleurs ocres, j'avais l'opportunité de visiter non pas un autre pays mais une autre planète.

C'est exactement là que je voulais aller.



« l'Islande c'est pas l'hiver en juillet ? ???? »


Le voyage a finalement débuté à la mi-juin avec l'achat du billet d'avion. Chanceux, j'ai trouvé une petite agence de voyage, toujours pas très loin du 69 rue des Ayres. Il me fallait juste remonter la rue vers le cours Pasteur et tourner à droite vers le cours d'Alsace-Lorraine pour trouver l'Islande à 460 euros. Le ticket dans la poche, je ne pouvais pas revenir en arrière.

Et là sous la chaleur aquitaine j'ai subi quelques railleries de la part de bordelais que je croyais être mes amis... « Tu as pensé aux moufles... et les bottes en caoutchouc jaunes... » Self control, devant autant d'inepties, je n'ai bougé le moindre sourcil !!! J'ai cependant pris la direction du décathlon local pour investir dans du matériel qui d'aprés les différents récits relevait de l'incontournable... un duvet, une tente, un matelas gonflable et une couverture de survie.

La dernière semaine tout s'est un peu brusquement accéléré. Après 7 ans avec le statut de Bordelais, le 16 juillet je traverse la Garonne, dépasse Cenon et continue tout droit vers le nord. Quelques jours plus tard, et quelques kilomètres plus loin, je me mets en quête de 4 nouveaux murs en terre normande. Après 2 jours de recherches infructueuses je retourne au « Beau Carré » de Saint Martin profiter de quelques heures pour préparer ma transhumance vers le nord de 15 jours.

Et pas plus ! J'aurais pu immigrer 3 semaines, mais devant quelques craintes de m'essouffler, j'ai préféré la version courte même si je dois reprendre plus tard un second ticket...



Dimanche 22 juillet

Par Johann :: jeudi 31 janvier 2008 à 5:46

Départ de Bernay pour Paris, direction la gare du nord et Roissy, aérogare T3 qui ressemble à un grand squat pour voyageur. Un grand hangar, quelques tables en attendant de passer devant les guichets.C'est là que je croise 2 parisiennes, Audrey et Célia, 2 improvisatrices islandaises : on parle le même langage. Vers 22h30, l’avion décolle,direction le nord et la lumière…

Arrivé à Keyflavik vers 2h du matin heure locale. Petit aéroport un peu désert à l'exception de quelques français. Dehors il fait un peu fret : le ciel est nuageux, il fait relativement sombre.Reykjavik, la capitale islandaise, est rejoint après une heure de trajet en bus. De par l'obscurité on ne distingue pas très bien le paysage. Mais on devine un décor original... désertique ou presque, composé de blocs de « pierres », juxtaposés apparaîssent comme une masse monolithique avec une absence totale de végétation. Il restait maintenant à attendre le lever du jour pour confirmer les premières impressions.

















Mardi 24 juillet :

Par Johann :: jeudi 31 janvier 2008 à 5:59

Je suis donc en Islande ! Un peu le bout du monde ??? Pas encore.

Cela fait 36 heures que je déambule dans Reykjavik, ville assez quelconque, et pas de réels signes que j'ai changé de planète ! Mais à y réfléchir un peu plus, quelques petits «trucs bizarres» me laisse penser que finalement j'ai peut-être « déménagé » !!! Partout sur les panneaux ou dans les livres une écriture que je n'avais encore jamais vu ! Mais aussi une façon de s'exprimer avec des sons tellement incompréhensibles que cela ne semblait pas... très humain ou... pas très terrien ? J'avais entendu dire qu'autrefois l'Islande était peuplée de Trolls et d'Elfes... Cette rumeur me semblait définitivement fondée... Et ce qui confirma ma théorie : le paquet de chips paprika 250g pour presque 5 euros ! Mais heureusement j'ai très peu collaboré à ce système d'extorsion, ma « ligne » m'ayant d'ailleurs félicité et encouragé à résister.

Pendant quelques heures je vais quitter la ville, l'urbain, pour l'un des lieux les plus touristiques d'Islande : le Blue Lagoon. Pour rejoindre le site le bus va reprendre une partie de l'itinéraire qui m'avait amené de l'aéroport à la capitale. Mais cette fois, il n'y a plus plus d'obscurité et le paysage inhospitalier est confirmé ! En fait ce sont des coulées de lave solidifiée... sur des kilomètres.... Et parfois au milieu ... un terrain de foot, ou un golf...




Le décor n’évoque pas le bout du monde... mais plutot une fin du monde.




Décor de fin du monde ? (Vidéo)


Au bout d'une de trajet, au bout de la route, sorti de nulle part, le blue lagoon : un centre aquatique mi naturel – mi aménagé. Incroyable contraste entre ce champ de lave et ce bassin d'eau bleu avec un fond argileux et boueux. Son originalité se trouve dans une température de l'eau très élevé pour de très large dimension. Selon le life guard local, elle serait comprise entre 38° et 40°. Mais il me semble qu'à différents endroits est impulsée une eau beaucoup plus chaude, « bouillante »...? à la limite du tolérable ! J’ai même reculé parfois, certes très rarement, devant une eau qui devait avoisiner les 45°. On est bien loin des bacs à poissons des « Center-parcs » francais. Je suis finalement resté plus de 4h dans l'eau alternant avec le Sauna et Hammam.

D'autres alternent avec la cafétéria. J'en ai vu quelques uns, pardon quelques unes aller chercher leur petites crèmes glacées et revenir s'asseoir dans l'eau les déguster... Petit paradoxe local...


un petit tour du Blue Lagoon (Video)


Pour nos amis japonais, ils ont pensé à développer des magasins souvenirs, cartes postales, parfums... et de très jolies serviettes bleu ciel très sympa avec en écrit en gros « blue lagoon »... Ca ferait un joli souvenir...





Jeudi 26 juillet :

Par Johann :: jeudi 31 janvier 2008 à 6:19

Comme un échauffement à  ma pré rando « de la mort du Landmanalaugar » qui commence dimanche, je me suis à nouveau échappé de la ville pour 2 jours, direction les sites de « Geyser » et de « Gulfoss » situé à 3 heures de Reykjavik par bus. C'est la première fois que j'allais découvrir l'intérieur du pays.

Après quelques kilomètres, le bus emprunte des chemins qui m'emmenais vers le centre du pays, il s'enfonce dans le « very wild wilderness » !!! Comment pourrait t-on dire cela autrement ? Le néant vert... et accidenté ! Une montagne par ci, une maison par là... et autour...?




Rien !!! Concernant la route, ils ont posé des plaques de goudrons sur le « rien » ou se sont frayés un chemin au milieu du décor avec de la dynamite...

Puis le bus arrive sur une piste ... ça m'éclate !!!! Enfin un peu d'aventures. Avec mon sens aigu de la connaissance du pilotage j'ai pu remarquer que le chauffeur connaissait bien la route, il anticipait les virages. Et parfois un peu... attention à ce que « trop d'aventures ne tue pas l'aventure ».

Avant d'arriver à destination, le bus s'arrête à Þingelvir, ou tous les jours on célèbre l'éloignement progressif de quelques centimétres entre George.W.B et l'Europe... C'est ce que l'on appele une faille !!!






Et donc ... « Geyser ». Comment en parler ? Comment décrire un site , un paysage... hors du commun... cela ne me semble pas possible. Il ne reste peut-être que les photos ?





Bon ok, je vais essayer de vous expliquer, mais je ne sais pas si vous pourrez comprendre...D'abord c'est un trou qui se remplie d'eau. Une fois bien rempli, il explose !!! Seriez vous entrain de chercher une métaphore ? Pour résumer on pourrait dire que c'est Gaia qui « pète », et comme elle est bien éduquée, elle péte bleu ! Alors tout le monde veut prendre la bulle en photo...



Quelques centaines de touristes avec leurs appareils autour du cou (des japonais ou des allemands en short ?) regardent ensemble les effets des problémes intestinaux de la mère nature, et quand la bulle explose, font collectivement Ahhh...




En venant et repartant par le bus la même journée, je ne pouvais rester et admirer ce spectacle plus de 2 heures. Evidemment le site mérite bien plus de temps... je décide de rester la nuit pour revenir un peu plus tard dans la soirée et fort fort tôt le matin voir ma copine la bulle.




Toi , ami lecteur je perçois que tu mets en doute mes capacités de passer de la théorie... à la pratique...
Donc en soirée je suis retourné sur le site, bien moins de touristes en short... Mais toujours à la recherche du graal, prendre la bulle en photo avant qu'elle ne péte... Je suis resté jusqu'à plus de 23h, moment approximatif ou le soleil se couche. A cette heure là, il fait un peu fret. Et là je me rends compte que je suis en sweat alors que les derniers résistants à ces heures tardives sont majoritairement en parka...

Là je discute avec un australien, John, géologue en vacance qui parle très très très vite en anglais. De temps en temps il sort des bouts de phrases compréhensibles... je hoche la tête avec beaucoup de convictions je pense, et balance quelques mots montrant que je comprenais parfaitement ce qu'il disait... On s'échange nos mails et pour le lendemain matin on se fait rdv ... tôt.

Il avait prévu d'être sur le site vers 5h du matin, alors que je m'étais fixé d'y être vers 6h30, ça restait un gros challenge. Finalement ponctuel, et je sais que cela vous surprend, je me retrouve seul face au Geyser, John n'est pas là. Pendant un instant j'ai pensé « et si le mec responsable du jet d'eau, appuie sur le bouton uniquement quand les japonais sont là…? » Et non la bulle est bien apparue (je l’ai certainement raté !) et le geyser  est bien monté jusque presque à 30m…  Et tout ça que pour moi !!!!!!!!!!!!! Il n’y avait personne autour… Il manquait juste quelqu’un pour prendre une photo avec le geyser pour prouver que j’étais bien tout seul…

John arrive au bout de 30 mn. C'est sympa d'être là tout les 2 en dehors des heures... La lumière était très belle, le soleil assez haut apportant un peu de chaleur : j'avais bien fait de ne mettre qu'un sweat!

Aprés 1heure à se dire tous les 5 minutes « allez encore une photo! », il m'emméne en voiture pour le site de Gulfoss situé à 10 km de Geyser... pour juste aller voir la petite cascade locale...



A 8h nous étions à nouveau seuls sur un site un peu joli et spectaculaire , en plein vent face à une double cascade !!! En dépit des éclaboussures on prend quelques photos , et au milieu de la chute d'eau apparaît un arc en ciel... puis un second !!! On avait pourtant rien demandé ni commandé. C'est le genre de décor qui aurait pu trouver sa place dans « le seigneur des anneaux ».



Au bout de 45mn on repart sans croiser le moindre japonais en short. John me laisse à Geyser, et lui s 'éloigne vers de nouvelles aventures en espérant pouvoir communiquer avec lui dans l'avenir. Ces quelques heures en fin de soirée et en début de matinée resteront comme l'un des moments les plus forts de la première semaine et certainement de l'ensemble du voyage.

Le flux de touristes commençait à nouveau à se déverser en direction du Geyser... Je prenais encore plus conscience du privilége que j'avais eu quelques heures plus tôt. Cette surpopulation soudaine m'apparaissait presque comme incongrue, déplacée devant ce site assez incroyable. Un décalage, une sorte d'incompréhension m'apparaissait entre ce que j'avais vu et vécu quleques heures auparavant et ce que je voyais maintenant. J'avais juste envie de partir, l'histoire de ce moment s'achevait.


Quand je regarde la semaine écoulée, j'en fais en fait un bilan mitigé.
J'ai d'abord le sentiment d'avoir passé trop de temps à Reyjavik. En fait je craignais le trop mauvais temps . Probablement que les moqueries succesives venant du sud ouest ne m'avaient pas incitées à prendre certaines initiatives... Alors je suis resté un peu planqué une majorité de la semaine. D'une certaine façon, rester à la ville avant d'attaquer « The Trek » m'arrangeait un peu, de toute façon je n'avais jamais eu très envie de partir 15 jours sur les routes avec le sac à dos.

La deuxième semaine, bien différente de la première, va bientôt commencer avec la ballade au départ du site du Landmanalaugar : soit le coeur, la raison , ma motivation principale de ce voyage en Islande.

Samedi 28 juillet :

Par Johann :: jeudi 31 janvier 2008 à 22:52

Je devais initialement partir le dimanche matin à 8h du BSI (départ des bus pour tout le pays) pour le «Landmannalaugar», . Mais au-delà du fait que je n’avais pas envie de me lever tôt, j’avais très envie de quitter la ville de Reykjavik. De plus, les bus ne circulent qu’à partir de 10h le dimanche. Dés le samedi après midi je me retrouve alors dans le bus pour rejoindre Hella, ville située à mi-chemin entre la capitale et ma destination du lendemain.


Nous ne sommes pas très nombreux. Il y a quelques français. Parmi eux, deux vont jusqu’à Skogar pour faire le trek dans l’autre sens en remontant vers Landmannalaugar. Ce sont des pros ! L'un avait déjà fait des treks en Equateur... On était pas dans la même division. On se croisera certainement sur la piste.

 Finalement nous sommes trois à descendre à Hella, tous français (Jean-Yves, Anne et moi). On prend la direction du camping, j’installe ma tente prés d’un banc, afin d’être plus confortablement installé pour manger. Au mini supermarché local j'achète du fromage et des pâtes pour préparer le festin du soir. Je constate que l’on peut « cuisiner » à l'intérieur, mais l’arrivée d’un groupe de français nous conduit finalement à manger tous les trois ensemble sur la table devant ma tente. Il y a un peu de vent, mais il fait très beau, c’est très agréable de manger dehors. On se fait « rdv » pour le petit déjeuner du lendemain matin.

Avant d’aller me coucher, je fais un petit tour en bordure de la rivière locale et je prends quelques photos du soleil couchant. C’était une très bonne idée d’avoir quitter Reykjavik.



Dimanche 29 juillet :

Par Johann :: jeudi 31 janvier 2008 à 23:16

J’avais quitté Reykjavik en laissant un petit sac rempli de fringues au BSI, cela pourrait faciliter le trek... Mais le sac à dos restait très lourd et il fallait encore acheter un peu de nourriture : le trek se faisant sans aucune possibilité de ravitaillement et tous les déchets éventuels devaient être emportés  ! J'avais donc le sentiment que le sac allait etre très lourd !!!

Après avoir partagé du lait chaud avec Anne et J-Y je prépare mon sac et démonte en urgence la tente. Avant de prendre le bus à 10h15, je fais le tour du magasin  local pour trouver de quoi me nourrir pour les prochains jours.



Dans le bus, je m’assois à côté d’une demoiselle appartenant à un groupe de flamands partis faire quinze  jours de trek, avec couchage en camping, 2000 euros par personne. Elle avait déjà escaladé le Kilimandjaro, rejoint le camp de base de l’Everest et servit de guide en Patagonie... Bonjour...

Au fur et à mesure que le bus roulais, je constatais progressivement que nous parlions de moins en moins… Est-ce le manque d’intérêt qu’elle pouvait avoir pour ma conversation ? Je crois plutôt, que l’évolution du paysage y ètait  pour beaucoup, il captait de plus en plus  notre  attention…  Le bus venait de s’engager sur une piste islandaise… et le paysage  évoluait rapidement … « …Flash spécial, mesdames et  messieurs nous sommes désolés d’interrompre nos programmes, en effet nous venons d’atterrir sur la Lune… ».

Partout, autour de nous, le sol était noir. On aurait facilement imaginé  Armstrong se balader dans ce décor. Et ce paysage continuait pendant de longs kilomètres. En fait on ne savait pas très bien dans quelle direction regarder… fascination, curiosité, perplexité…



Flash spécial : « …Une petite erreur s’est glissée dans notre dernier communiqué, car finalement nous avons atterri sur Mars. »

Et pour rajouter des accents supplémentaires d'imprévus à cette ballade en bus, une rivière nous barrait parfois le chemin...  Aucun chauffeur français ne se serait engagé sur de tels chemins sans qu'un syndicat n'aurait exigé une nouvelle négociation des régimes spéciaux  !

En s’enfonçant dans le « wilderness » les montagnes  changeaient progressivement de couleur pour devenir « ocre », signe que nous nous rapprochions du site du Landmannalaugar… Et après un troisième passage de gué, le camping au pied de la couche de lave est apparu… c’était « le camp de base », un bout du monde de plus en Islande…


Le site du Landmannalaugar, c’est d’abord un terrain de cailloux où tu ne peux pas planter ta tente mais juste la maintenir avec des pierres. C’est aussi un chalet d’information qui sert à loger certains privilégiés,  ayant réservé il y a six mois. Un camion aménagé sert de salon de thé, et un autre où l’on peut se ravitailler. Le paysage c’est aussi le ciel, gris, qui t’amène régulièrement la pluie, et que finalement tu ne pourrais imaginer d’une autre couleur.

Une fois mon sac posé, je fais un petit tour de la propriété, pour finirde me convaincre que je suis bien arrivé ! Mais avec le ciel menaçant, je décide, finalement, de vite monter la tente, avant que la pluie ne vienne  gâcher cette belle journée.





Un peu plus loin, une nana (Zoé, anglaise) rame avec le montage de sa tente. Si on comparait le standing de nos habitations, j’avais un F1 avec un lit superposé et elle, un appart avec une chambre, une salle à manger et peut-être meme un dressing… Une fois installée, je lui propose une ballade pour l’après midi.

Et on choisit un petit trek commencant  par  une heure de montée !

Au bout de 100m, elle souhaite faire demi tour en raison de la pente trop forte et du vertige… Mais heureusement avec un peu de psychologie j’ai réussi à la convaincre de continuer encore quelques mètres… et de  « focus on your feet ! ».



Elle réussit à dépasser  l’appréhension, mais la pluie rend la montée de  plus en plus difficile. Le chemin déjà difficile par la pente devient vite boueux.  Arrivés à ce que l’on croie être le sommet,  on s’aperçoit qu’il faut  encore quelques efforts pour finalement définitivement l’atteindre.  Le  retour en arrière étant devenu inenvisageable,  on s’engage  à nouveau sur la piste. Dans la montée, on croise le groupe de flamands qui redescendaient bien vite, ça sent les pros !!! Enfin, après quelques minutes on atteint  finalement le sommet, cette fois le vrai !




En haut la vue est super , même s’il continue de pleuvoir. En dépit d’un ciel bien gris et bien bas, la vue s’étend au loin dans toutes les directions et notamment sur l’ensemble du site du Landmannalaugar.




Je prends quelques photos, notamment avec deux hollandais que nous avions rencontré dans la montée.


Mais tels des supers alpinistes en haut de l’Everest nous ne sommes pas restés trop longtemps au sommet en raison d’un vent très fort et bien froid. Nous repartons tous les quatre ensemble, la dutch team, zoé et moi.



Progressivement, sur le chemin du retour, probablement en raison du décor et du contexte,  une complicité s’installe entre nous.  Même si nous étions de nationalités différentes et que l’on ne se connaissait pas, nous prenions conscience de la chance que nous avions d’être là à cet endroit,  de vivre un moment si particulier, ensemble, quatre privilégiés.



Ignorant nos prénoms réciproques, c’est avec des surnoms qu’on s’adressait la parole. On pouvait dire que Mr Hollandais n’était pas très élégant dans les descentes, un peu pataud  même : je l’avais surnommé « the bear »... Zoé, très à l’aise était « The cat », et Mme Hollandaise « the gazelle », et moi « the wolf ».

Plus on se rapprochait du camp, plus j’avais le sentiment que nous voulions prolonger la ballade un peu plus longtemps… Et les prétextes se multipliaient pour retarder le retour. On s’arrêtait pour prendre des photos, discuter, manger, ramasser des pierres…

Je crois meme qu’on marchait de plus en plus lentement. Je crois que l'on avait juste pas envie que la ballade se termine. A 100m du camp, on croise des chevaux dans un enclos, je demande à Mme hollandaise si Monsieur allait s’arrêter pour prendre quelques photos des animaux… Elle sourit et me répond « maybe ». Il les a photographié pendant dix minutes. Retour à la civilisation, notre aventure inattendue et insolite s’achevait. Même si on se donne « rdv » aux « sources d’eau chaudes », nous savons que nous venons de vivre un moment fort rare mais qui était déjà derrière nous. Prévue en 2h30, notre ballade avait duré plus de 4h.

Au camp je croise J-Y et Anne qui reviennent d’une ballade autour du lac. Ils ont adoré. Ils me racontent avoir croisé des mecs super équipés, parka, G.P.S., mais qui étaient redescendus à la première averse. Lui était parti en sweat…

Après avoir mangé des pâtes, je pars aux «sources d’eau chaudes» : c’est un bout de rivière alimentée par des sources d’eau très, très chaude. Profond d’environ soixante dix centimètres, les baigneurs sont assis ou allongés sur les graviers mais éloignés des sources beaucoup trop chaudes. A la différence du blue lagoon, ici c’est complètement naturel.

Après avoir mangé des pâtes, je pars aux «sources d’eau chaudes» : c’est un bout de rivière alimentée par des sources d’eau très, très chaude. Profond d’environ soixante dix centimètres, les baigneurs sont assis ou allongés sur les graviers mais éloignés des sources beaucoup trop chaudes. A la différence du blue lagoon, ici c’est complètement naturel.




Dans un coin je remarque la dutch team, un verre à la main et une bouteille de vin rouge sur le bord. Plus tard Mr hollandais m’explique qu’ils ont amené cette bouteille de Hollande, juste pour cet endroit et ce moment*. On boit ensemble un petit verre en même temps qu’il me racontent ses voyages au moyen orient, en me conseillant de visiter l’Iran.

Je me couche vers 23h.


* Quelques semaines plus tard, j'apprends que Monsieur venait de demander la main de Madame...





Lundi 30 juillet. 1er jour du trek

Par Johann :: mardi 05 février 2008 à 22:03

Le grand jour est enfin arrivé. C'était en voyant les photos du site et du trek du Landamannalaugar que j'avais décidé de venir en Islande. Marcher quelques heures, quelques jours sur des chemins de randonnée hors du commun qui devrait transformer cette ballade en expérience inoubliable ?


Réveillé vers 7h30 je me fais du lait chaud, histoire de partir le ventre plein J’espère ne pas partir trop tard et réussir à me joindre à un groupe. Comme voisin j’ai un couple de français (Pierre et Virginie) qui démontent également leur tente. Je leur demande s’ils partent pour faire le trek ; Ils me répondent positivement. En observant leur matériel, on ne semble déjà pas être dans la même catégorie : gros bonnet de laine, combinaison, bâtons… que de la frime !!!

Je pars dire au revoir à Jean Yves et Anne et on prend quelques photos ensemble.




Je vais acheter de la bouffe avant de partir, 1 litre de lait, et des pâtes à un camion qui sert de « dépanneur local »… pas de chance il n’ouvre qu à 11h30. Finalement tant mieux, je me mettrai à la diète et mon sac sera moins lourd.  Je m’enregistre auprès de l’accueil pour le départ du trek, c'est obligatoire !.  Pendant ce temps là, Anne me ramène le fond de pâtes qu’il leur reste, sympa, pour accompagner ma soupe de poulet vermicelles …Bon,  je crois que je suis un peu tendu, limite : « je n’ai pas envie d’y aller. », j'ai un peu le « vertige »... Mais il parait que je suis venu pour ça… Alors je profite du départ de « papa, maman et une petite blondinette d’une dizaine d’année.. » pour m'engager sur le chemin qui devait me mener à Þorsmork 4 jours plus tard. Et ça commence par une jolie petite côte juste pour monter sur la couche de lave. Au bout de 100m, j’ai mal aux pieds, les ampoules crient à l'aide, conséquences des jours précédents, et j’ai quelques difficultés à suivre famille « Blondinette » dans la montée… En fait, le sac, un peu trop lourd je pense, change vaguement le degré de difficulté de la ballade et ce notamment dans les montées. Le pouls monte très vite et je suis très très rapidement essoufflé. Parti depuis déjà 10mn je perçois assez clairement que je me suis embarqué dans une grosse grosse galère… Mais en haut de la côte, la petite fille a un problème avec son sac, je la double (YES !).




Maintenant le terrain est beaucoup plus favorable. Le chemin est bien large, près d’un mètre, régulièrement balisé avec des poteaux peints en rouge. Et là, c’est certain, sur le plat le sac est beaucoup plus léger, c’est limite cool !!! Suis-je comme Monsieur Frodon  quittant le « Shire », sifflotant, mais ne sachant  pas non plus à quoi m’attendre à l’approche du Mordor local …

Mais je reste un peu inquiet. J’ai entendu dire qu’il y avait une belle montée pour commencer le parcours, et elle tarde à arriver…N’était-ce qu’une rumeur ? Pour l’instant rien à l’horizon ne préfigure un tel scénario, et c’est tant mieux.

Mais, après un joli virage sur la gauche, la côte est finalement là. Sachant que cela allait devenir vite très difficile, je commence la montée sur un rythme très lent. En dépit de cette prudence, c’est devenu vite assez pénible, le rythme cardiaque monte trop rapidement et jem’essouffle beaucoup trop vite. C’est à se moment qu’il commence à pleuvoir rendant le chemin glissant surtout lors des montées !!!  Une fois arrivé au sommet,  le sac enlevé,  je me retourne il n’y a plus personne derrière moi, mais la vue est super. On voit, le chemin déjà parcouru et l’ensemble de la couche de lave qui domine le site du Landmannalaugar. Mais sans bouger, en plein vent et sous une pluie fine, je me refroidis trop rapidement, tant pis pour le panorama, je repars.




Quelques mètres plus loin, 2 chemins balisés se séparent. L’un à gauche avec les poteaux rouges, et l’autre avec des poteaux verts ! Assis sur son fauteuil, le choix semble assez évident, mais je ne sais pour quelles raisons je me suis mis à douter,  probablement la pluie,  le vent et le désert humain, et même l’absence de toute forme de vie… Je sors ma carte au cent milliéme je n’y comprends rien !!! Et puis il n’y avait vraiment personne dans le coin qui pour influencer mon choix .

Je prends l’option de la piste rouge, celle qui passe par un névé. J’ai quelques hésitations et  même de l’appréhension à m’engager sur un chemin qui pouvait m'envoyer dans une mauvaise direction... Surtout qu’en regardant la carte j’ai  l’impression qu’il faut prendre la piste verte. .J’ai besoin d’une confirmation.

La famille blondinette ne doit pas tarder à arriver…




Finalement apparaît un couple à l’endroit de l’intersection, je fais de grands signes pour leur montrer que je ne savais pas quel chemin il fallait prendre. Ouf, ils prennent la même direction que moi ! Je range la carte qui venait de prendre un petit coup de vieux en 5 mn.

Savoir  que je suis à nouveau sur le bon chemin et en descente me redonne le moral.  Mais au loin je vois que cela remonte légèrement et encore plus loin,  j’aperçois un très joli mur qui m’attend, pas très long mais un petit peu pentu…

Le vent devient de plus en plus fort, presque à me déporter. La pluie redouble rendant la montée bien plus difficile. En plus de la fatigue j’ai bien du mal à trouver des appuis stables sur ce terrain devenu boueux. Après beaucoup d'effort, très difficilement j’arrive au bout de la cote. Et là en haut je n’ai qu’une seule envie : jeter mon sac bien trop lourd par terre, presque violemment…. tellement je suis épuisé !!! Cette fois-ci ce n’est plus seulement le cœur ou le souffle, mais je tétanise de la tête au pied. J'usquà présent c'étaient uniquement les bras ou les jambes… Là, c’est la totale, bras, jambes, les épaules que je ne sens plus, le dos qui me fais mal… Mais enlever mon sac signifiait devoir le remettre, cela me semble encore plus pénible… alors finalement je garde le sac sur le dos !!! Je reste plusieurs minutes (?), pour reprendre mon souffle.... puis je me remets à marcher, doucement, lentement…J’étais alors sur un plateau légèrement montant mais avec un vent très fort. Le paysage doit être super, mais là je crois que je m’en moque un peu... pour etre poli !




Et au loin, je vois… le sommet, le vrai, le dernier  de la journée ? J'espére ! Il y a également 2 personnes, on dirait qu'ils m'attendent... et oui ! pour prendre une photo. Bonne idée, je leur demande la même chose. J’en profite pour les interroger sur le temps qu’il me reste pour finir l'étape. Ils me répondent deux heures avec un chemin facile. C’estla bonne nouvelle de la journée. Mais je pense qu’ils sont anglais, donc méfiance… En fait cela fait 1h30 que je marche, et je croyais qu’il y avait 6 heures de marche. Anyway, je retrouve le moral, et en plus ça descend !



Un peu plus bas , un groupe se restaure, il s’agit des flamands. Etant un peu sur le côté de la trajectoire du chemin, je coupe pour les rejoindre, derrière eux commence une vallée. Je me pose quelques secondes pour boire mon jus d’orange quotidien tout en discutant avec le guide local. Il m’explique que je peux atteindre la hutte avant 16h. Il est 12h30, le  couple du sommet m’avait dit 2h… Je suis un peu surpris de ce qu’il me raconte mais je n’insiste pas.

Je m’enfonce alors dans une petite vallée très charmante. Je retrouve rapidement la piste, mais cette fois balisée en jaune !?!? Je croise quelques moutons, je prends quelques photos, c'est une façon d'attendre le groupe qui est juste derriére moi..



Un peu plus loin je constate que la piste continue en longeant une rivière  mais que le balisage des poteaux jaunes part dans une autre direction qui s’enfonce dans une grande lande de… sable ou de cendre noir ( ?). Finalement j’opte pour les poteaux, même s’il semble  ne plus y à voir la trace du moindre sentier.




Presqu'une heure après avoir quitté les belges j’arrive enfin au bout de la lande juste au moment où il recommence à pleuvoir. Je me retourne en espérant voir débouler au loin le groupe dans la plaine…

Mais nada !!! Il n’y a personne, aucune activité  humaine… rien, c'est le néant, c'est le néant vert .




Je sors la carte, pour essayer de me repérer, mais je n’arrive pas à retrouver ma position, bref je ne sais pas où  je suis et il n’y a vraiment personne autour.  Je me sens légèrement un peu completement seul dans ce paysage désertique néanmoins composé de très jolies couleurs tendant vers le vert !



Un décor que beaucoup de monde trouverait probablement fort sympathique et avec un gros point fort : le calme. Je décide finalement de continuer et notamment de monter un peu plus haut pour  trouver un éventuel chemin. Et rapidement je fais face à un premier obstacle : un petit névé que je commence à escalader… mais je passe au travers. ... Heureusement sans mal.

Mais je comprends immédiatement que je ne dois pas insister et vite retourner au point de départ de la vallée, ou les belges  s’étaient restaurés soit le dernier endroit par lequel j’ai la certitude que le bon chemin passe. Il  est  alors 13h30.

Sur le chemin du retour je me prépare déjà à accepter , à me résoudre à retourner au Landmannalaugar, renonçant ainsi au trek… si je ne trouvais rapidement quelqu’un ou quelconques indices pouvant me permettre pour continuer l’aventure… Vers 14h15 je rejoins le point de départ... et il n’y avait plus personne. Comme s’il n’avait jamais eu quelqu’un !!! Je lève la tête, autour de moi il y a juste un paysage vide.

Et c’est à ce moment, bien enfoncé dans une solitude dépressionnaire qu'au loin je vois deux personnes… s’éloignant vers le Landmannalaugar, à l’opposé de la direction que je souhaitais prendre.




Je mets d’abord quelques secondes à réaliser… qu’il peut, qu'il y a quelqu’un ou quelque chose de vivant dans ce paysage devenu si lugubre. Je crie, j'hurle vers eux… Ils se retournent, ils ont entendu. Je jette mon sac et ma bouteille par terre. Les épaules complètement engourdies, je cours vers eux. OUF, je les vois redescendre vers moi ! J’arrive à leur hauteur en criant « i’m lost ». C’était un papa (Jacques) avec des lunettes toutes embuées par la pluie, et sa fille, Ginette ?   Toute mimi avec son bonnet en laine (en fait Marie-Soleil). « You’re lost ? » me demande t-il ? , « Yes i’m lost ». Alors je leur explique toute l’histoire. J'apprends que je n’aurais pas du m’enfoncer  dans la vallée, ni dévier des derniers poteaux pour rejoindre les flamands, il fallait juste continuer tout droit. Bref, en face...

Et en me retournant je vois effectivement que les poteaux étaient clairement  indiqués. Ils m'annoncent qu'il me restait alors 1h15 de marche pour finir l'étape. Je leur demande d’où ils viennent ? Ginette me répond qu’ils sont canadiens, habitant à Montréal. La traduction étant qu’ils étaient Québécois !!!! Je suis au bout du bout du monde, je n'ai pas croisé un chien depuis plusieurs heures, et mes sauveurs sont des représentants de la « belle province »... J'aurais pu croiser des Zimbabwéens, Malgache, Lituaniens ou népalais...? et non mes sauveurs étaient québecois !!!! On se met finalement à discuter encore quelques minutes, de la belle province, de hockey, de prince Arthur west et du carré saint louis... Eux ils faisaient juste l’aller et retour entre le Landmannalaugar  et la première hutte du trek dans la même journée. Il y en a qui se font chier dans la vie,  alors ils font des allers et retours …

Leur langue, leur sourire et leur gentillesse me rappellent quelques souvenirs enfouis. Probablement des voisins à eux que j’avais connu dans un autre monde et à une autre époque !


« D'abord l'odeur. Le souffre, sous sa forme de vapeur blanchâtre monte là, sur la croute colorée qui étouffe de drôles de sons de digestion.L'arythmie de ces sons cassent l'éternité du paysage... pour un œil "macro" de visiteur, l'Islande peut être un immense désert. Je réfléchissait à tous ces détails que j'apercevais, déjà, à mon deuxième passage sur la route de retour du sentier.

Mon père et moi n'avions pas de conversations particulières pendant nos marches. Sauf peut-être à propos des couleurs. La perspective est si lointaine qu'elle renvoie à l'intériorité. Macro/micro, encore.Et le contexte nous appelle, curieusement... "eeeeee" , puis, plus inquiétant... "eeeep... hheeeeelp"... un personnage en mouvement perce le décor. Tout dans le visuel est dramatique... la jetée du sac trop lourd, les vêtements de sport de ville détrempés et la course sinueuse. Tous les pires scénarios parcourent mon esprit; je me vois déjà prendre le relais et courir jusqu'à la route pour trouver des secours. Dans les premières phrases de l'individu, tout concorde avec mon scenario... "Help..Help...I was lost... was following this group and finally didn't see them for hours...". J'attendais le signal.Finalement son histoire prenait forme; personne en danger de mort, pas de récit d'autochtones cannibales... nous n'étions pas non plus les premiers humains qu'il voyait depuis 2 semaines. J'étais occupée à lui indiquer la route vers le refuge qu'il cherchait... regard...doute... "vous êtes français!?". "De Montréal...". Rires. Johann, Jacques et Marie-Soleil parlent du carré St-Louis au cœur de Montréal, du hockey, de la poutine... "osti d'câlisse", les grands classiques. Johann repart, plus lentement mais d'une détermination incroyable. L'incarnation surprenante du tout est possible puisque je le fais. Nous le surveillions, mon père et moi... pour être certains qu'il prenne la bonne direction. J'attendais qu'il se retourne pour lui dire au revoir (bonne chance) encore.
J'ajouterais que nos conversations sur les couleurs n'avaient pas changées... sauf qu'elles incluaient désormais les couleurs dupersonnage de cet épisode ».

Marie-Soleil (Ginette)


En fait ces quelques minutes m’ont complètement relancé moralement dans le trek à un moment où je me sentais bien enfoncé dans le doute et bien proche de la porte de sortie.

Je les quitte un peu à regret parce qu’ils sont Québécois et qu’au niveau présence humaine dans le coin, il n ‘y avait pas foule…  Je repars donc en suivant le conseil de papa « suivre les bâtons »  à ne pas confondre avec  le planté du... Je leur promets également de leur envoyer un petit mail si je finissais le trek. Et je savais maintenant que j'allais le terminer.

De retour sur la piste un petit mur  me fait « coucou »! Je m’en moque un peu, je sais que je suis à nouveau sur le bon chemin. Je me retourne dans la direction des québécois. Ils regardent vers moi. Je leur fais de grands signes. Ils répondent en faisant de même, puis repartent en  continuant  leur chemin vers le Landmannalaugar.

Je suis en fait sur un long plateau légèrement montant. Je marche, comme un peu plus tôt, sur un sol de cendres ( ?) ou de sable noir avecdes bouts de pierre épars, cette fois je sais ou je suis. Mais papa m'avait parlé d'un chemin tranquille pour finir l'étape... J'en ai ras le bol... Un peu plus loin sur le coté du chemin, quelques pierres sont regroupées pour rendre hommage à un type qui s’est tué à cet endroit, 3 ans plus tôt  dans le blizzard « à moins de 2 km du refuge...».
 
Pour finir la journée les g.o du trek ont prévu la traversée d’un névé d’une centaine de mètres : un peu impressionnant et légèrement glissant.



Et en option, une pêche à l’obsidienne. En effet  je dois ramener  quelques unes de ces pierres pour mon père, mais ça on verra plus tard (c’est pour faire des pointes de flèches …!)

Quand j’observe le paysage, et maintenant j’ai le temps de le faire, je me dis qu’il a fallu des conditions météorologiques extrêmes pour façonner de tels reliefs.  Car sans trop extrapoler ça ressemble  à un genre de paysage apocalyptique, et que la tempête doit certainement être la norme dans la région. Et qu’à chaque fois qu’on réussit à l’éviter, on doit s'estimer être dans une belle journée.  Et aujourd'hui c'est une journée magnifique ou il n'y a seulement le vent et la pluie… Concernant les ampoules aux pieds et le sac trop lourd, idem, de peur de lasser  le lecteur je n'en parle plus...

Quelques centaines de mètres après le long névé je le vois le très, très, très beau drapeau islandais. YES !


Et en même temps m’apparaît le très, très, très sympathique et accueillant terrain de camping local… les chanceux !!! Quelques jolies tentes colorées… dans un décor en noir et gris : le sol et un ciel bien sombre. Des murs de pierre sont montés pour protéger les tentes du vent. Jamais je n’aurais pensé voir un jour un tel paysage. Lunaire ? Martien ? Je n’ai pas de mots pour expliquer ce que je vois, heureusement que  j’avais réservé un lit dans la hutte la semaine précédente.

En passant la porte du refuge une chaleur extrêmement réconfortante me submerge. Elle contraste tellement avec les températures rencontrées précédemment… Cela te donne juste l’envie de t’asseoirquelques minutes à côté de ton sac, le regarder, te rappeler la journée que tu viens de passer... et de ne pas bouger, ne rien faire… C’est exactement ce que j’ai fait…La première piece sert, en fait, de sas. Il faut  y laisser ses  chaussures avant d’aller plus loin ! Après avoir mis 2 heures à les enlever , très lentement  je me dirige vers le comptoir ou un blondinet semble passer son temps à faire des réussites dans un décor de chalet suisse ! « Hi, i did a reservation! ». « What is your name? …  Sorry i haven’t your name on the list!” Restons calme. L'espace d'un instant j'ai senti le souffle de la tempête traverser ma tente plantée au milieu de murs de pierre...

Finalement, il y a de la place dans la hutte.. Par talkie walkie blondin me réserve un lit pour la hutte du lendemain. Mais je reste un peu inquiet pour les nuits suivantes...

Avec beaucoup de difficultés je porte mon sac à l’étage. Des matelas sont disposés à terre et tous ceux déjà arrivés dorment ! Je m’étale en mettant 2 matelas en guise de lit et déballe mes affaires : un petit bordel est déjà en formation. Mais un peu plus tard deux allemands arrivent dans la même pièce, je réduis la superficie de mon étalage mais en augmente l’altitude.

Allongé sur le lit je ne sens plus mes épaules et mes pieds ne semblent plus répondre .  Aprés 2h de sieste je prend la direction de la salle à manger. Mais une colonie d’allemands a  investi les lieux et notamment la cuisine.  C’est alors le moment d’aller à la pêche aux obsidiennes. En sortant je croise mon ami le guide  flamand qui avait appris que je m’étais égaré. Il semble un peu désolé, presque à s’excuser de m’avoir «orienté » dans cette direction … ou vers cette galère… « Mais qu'allais je faire dans cette vallée ? » En fait il y avait un chemin menant à la hutte, et il croyait que je le connaissais (évidemment que je le connaissais qu’il est con le belge !!!). Je lui ai dis que sur le coup j’étais un peu énervé mais que maintenant, au chaud dans la hutte, tout allait pour le mieux…  Et comme je savais que la « légion belge » allait passer  la nuit sous la tente… ne se la jouons pas bourgeois !

Quelques minutes plus tard je reviens de la pêche à cette très belle pierre noire qui ressemble à du verre… Un sac  de près d’un kilo à aouter à mon bagage qui, c’est vrai, n’était pas encore assez lourd  !!! One more challenge !!!!  Sur la belle terrasse du cottage local, en plein vent et sous la pluie je croise mes amis du plat pays en parka avec capuche assis à une très belle table entrain de boire leur soupe qu’ils avaient préparés dans les cuisines locales affectées aux campeurs : les toilettes du bâtiment (ah ah ah).



Quant à moi,  je prends la direction de la cuisine bien équipée pour mes pâtes aux fromages. (C’était le festin de la semaine !).  Dans la salle à manger je rejoins mes voisins du matin, un autre couple de français (Michael et Géraldine) et des italiens (Matteo et Veronica). Vers 20h nos amis transalpins nous ont dit « commenzo sentir la fatigue ». En fait on est tous parti dormir assez tôt, vers 22h tout le monde est au lit.
Et chose formidable, dans ma chambre avec le couple d’allemand, le mec ronfle !!! J’adore !!! Je m'échappe de mon duvet et discretement je lui éfleure les pieds, et hop, il change de position et ne ronflera plus de la nuit !

Cette journèe devait se parcourir en 4h. J’en avais mis 5h30 et parcouru quinze kilomètres au lieu de dix. Mais cette première des quatre étapes est maintenant terminée. Les Québécois m’ayant remis sur le bon chemin tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes ?



Mardi 31 juillet. 2ème journée du trek :

Par Johann :: mercredi 06 février 2008 à 1:41
Après la première journée un peu difficile, fatiguante et moralement éprouvante, j’aurais bien dormi un peu plus et un peu mieux. Est ce en raison des ronflements de mon voisin allemand, le stress de la journée à venir ou la tempête entendu toute la nuit …? A ce sujet ayons une petite pensée pour nos amis campeurs et nos amis belges qui ont passé une super nuit sous la tente… Déjà le paysage n’est pas très inspirant, mais avec ce qu’ils ont pris toute la nuit, vent et pluie… J’ai eu très, très mal pour eux. J’aurais donné beaucoup pour ne pas dormir dehors

Au regard de la journée précédente, je décide de faire la randonnée calé derrière un groupe et j’attends Michael et Géraldine, des parisiens citadins ayant une vitesse de marche proche de la mienne. Etant prêt avant eux, j’anticipe le départ, il est 8h20. Juste avant de partir je croise un français déjeunant dans la salle. Il venait d'arriver... Ayant passé la nuit sous la pluie, trempé dans sa tente il s’ètait décidé vers 5h du matin de faire l'étape…

La première partie de la journèe est relativement facile. Elle consiste en une suite de petites descentes, traversées de névé et de remontées. Seulement il y a beaucoup de vent et la pluie commence à tomber de plus en plus fort. Devant je rejoins deux espagnols, Guillerm et Ginetta. Ils ont l’air très bien équipés avec de belles capes. C’est là que je me rappelle que moi aussi j’en avais une !



Et hop, me voilà, inaugurant ma belle cape bleue. Mais j’ai du en égarer le mode d’emploi, surtout la partie «comment mettre sa cape seul  perdu dans la pampa en plein vent ! » Parce sachez que la cape est de nature très désobéissante. J’arrive à me protéger mais pas mon sac… pourtant c’était là, au moins, 50% de l’objectif ! Finalement l’histoire de la cape est devenue la galère de ce début de journée… Avec le vent dans le dos, je la vois parfois me dépasser… Ce cirque a duré plus d’une heure.

Il me fallait rattraper les espagnols pour qu’ils puissent m’aider à l’ajuster. Je réussis à le faire avant l’un des petits murs de la journée. Ils m’aident enfin à me rhabiller.



En longeant des petites vallées, on voit sur les côtés des gros morceaux de neiges et de glaces, assez impressionnants. La vision de ce genre de paysages, alors que nous sommes à 600 m d’altitude, et en plein été, ne m’incite pas à venir  traîner dans le coin trop souvent…




Je vois au loin la dernière côte de la journée mais la pluie redoublant, le terrain argileux se transforme en boue rendant montées et descentes de plus en plus  dangereuses. Et je ne parle pas de ma cape qui me repasse réguliérement devant …Car je dois le dire encore une fois à ceux qui en douteraient : les conditions ne sont pas extrêmement favorables pour une ballade matinale.



Et ce qui devait arriver… Grosse glissade, mal parti, avec le sac trop lourd  sur le dos qui amplifie tous les déséquilibres, je n’ai comme solution  que de mettre les 2 mains à terre, puis le genou dans la belle gadoue couleur ocre… La grosse galère. Je réussis à retrouver l’équilibre, puis enfin à prendre appui  et me remettre debout… Quelques mètres plus loin je rejoins le sommet…Le bleu de ma cape a légèrement disparu, en fait elle est devenue bicolore. Et j’en ai plein le c….

Heureusement je croise 2 personnes dans l’autre sens, qui après avoir « admiré » le paysage venait de redémarrer. .Je leur demande de m’aider à me « rhabiller ». Super cool, ils s’arrêtent, et devant l’ampleur de la tâche, enlèvent leurs bâtons et prennent un peu de temps pour remettre les choses en ordre... Ca va mieux !!! J’ai  toujours les mains super « dégueulasses » mais je suis à nouveau équipé pour avancer…

Un peu plus loin, un nouveau point de vue, c’est : «  le panorama du trek ».   On découvre un nouveau type de paysage. On quitte les hauteurs du Landmannalaugar avec ses montagnes couleur ocre pour un paysage de « verdure », qui semble un peu plus plat. A ce moment l’un des derniers dialogues du film Blade Runner me revient à l’esprit : « i’ve seen things people wouldn’t believe… »…




Lors de la longue descente qui suit, nous croisons un groupe de randonneurs, je ne peux m’empêcher, sourire aux lèvres de leur dire : « good luck ». Eux ils vont bien dormir ce soir ! 

En bas une marche de 2h nous attend pour rejoindre le refuge. C’est la première fois, depuis le début du trek, que je prends le temps de lever la tête pour regarder et « apprécier » un peu le paysage même si mon sac et ma collec d’ampoules sont toujours là.

Puis je me fais doubler par un couple de français (Christophe et Mauricette ?) : ils sont très, très speed, probablement un train à prendre… ou un bus…

Un peu plus loin, surprise ! Un gué à passer. Coup de bol, j’ai les claquettes et la serviette sur le haut du sac. Cela ne semble pas être le cas de mes compatriotes.  A l’arrêt au stand, je repasse devant. Ils s’éngueulent même dans le «re-chaussage»… Mr Christophe, impatient, commence même à repartir en claquettes,  alors que Mme Mauricette, toujours par terre, en train de changer de chaussures, lui fait une grimace… La tentation de les aider à résoudre leur petit différend est bien  grand mais, n’étant pas un intime de la famille, je m’abstiens…



Alors que j’allais quitter le passage de la rivière, Michael et Géraldine s’approchent du gué. Finalement je les attends pour finir la journée avec eux. Après 5h de marche on arrive au refuge Il est 14h.

Sur le site il y a plusieurs huttes. Toutes composées d’un sas ou chacun laisse ses chaussures et d’une grande pièce qui peut accueillir 20 personnes sur des lits superposés avec au milieu une grande table et coin cuisine sur le côté. Il fait bien chaud à l’intérieur !

On se retrouve les trois français ensemble avec les italiens, qui étaient déjà arrivés depuis 2h. Mais eux, ils n’appartiennent pas à notre monde, ce sont des montagnards, ils habitent au pied des alpes. Très rapidement, nous rejoignent nos amis français, Christophe et Mauricette,  puis 2 danois…

Une fois le repas terminé, ma soupe poulet vermicelles avalée, Michael propose à toute « la french team » une petite promenade digestive pour finir l’après midi. Il me rassure en me confirmant qu’il n’y a que 5km. Soit une heure aller et une heure retour pour aller voir un « très joli canyon ».  J’aurais du sentir venir le P.A.C (piège à cons).

La ballade commence très cool. On discute, chemin faisant, avec Michael, de ce que chacun fait comme job. Après avoir contourné le lac, le rythme de marche s’accélère. Et moi je commence à être vraiment largué avec des ampoules qui commencent à me faire de plus en plus mal. Le chemin continue encore et toujours, une crête puis une autre crête... Cela fait une 1h15 que nous sommes partis, j’ai maintenant la très nette certitude d’être tombé dans un PAC, je n’ai qu’une seule envie c’est de rentrer ! Michael me convainc de continuer jusqu’au  prochain virage, et jusqu’au suivant… Je savais qu’il me « manipulait » un peu … mais c’est pour mon bien ( ?). Puis finalement au bout d’1h30 d’effort, le canyon était là. C’est vrai, il était joli… mais bon !




Après quelques photos, on prend le chemin du retour, et là je suis complètement largué, surtout qu’ils veulent rentrer en 1h, soit le temps indiqué par la « brochure », une sorte de challenge local, complètement taré ! Bref, je n’avance plus, j’ai mal aux pieds, vraiment plein le c…  J’atteins finalement la hutte quelques minutes après le groupe. On est parti plus de 2h30, et on a marché, après vérification, 10km… en plus des 11km du trek officiel …

Y a t il un psy dans la salle ?




Dans la hutte, nous a rejoint le groupe d’allemand… qui « scquatte »les plaques électriques... pas grave je n’ai plus la force de me faire à manger  mais juste l’envie d’aller prendre une douche même à 4,5 euros pour cinq minutes.

Finalement de retour à la hutte, l’énergie retrouvée, je décide de me faire de la purée en sachet : festin ! J’ouvre mon litre de lait que j’ai porté depuis 2 jours, il a tourné ! Inutilisable, à jeter. Le bon côté des choses, c’est que j’ai moins de poids à porter. En guise de repas, à la petite cuillère  je savoure un paquet de petites miettes de biscuit d'apéro « tuc paprika », parfum qui n'existe pas en France...  Qui aurait pensé  que je me serai  mis à la cuisine locale ? C'est énorme...

Avant d’aller me coucher, je m’occupe de mes ampoules avec des pansements dernière génération offert par Géraldine. A 22h30, tout le monde est au lit sauf les allemands qui continuent à bavarder.






Mercredi 1er août. 3ème jour du Trek

Par Johann :: mercredi 06 février 2008 à 7:29

De manière surprenante, j’ai assez bien dormi ! Pas de ronfleur, à presque vingt dans la pièce, c’est un exploit ! Les italiens se sont levés vers 06h45, puis tout le monde a suivi. Chacun entrain de s’affairer à l'organisation  de son petit déjeuner, thé, café... et le luxe ultime, de la confiture, sucre et céréales...! Pas moi, je n’avais  plus de lait ! Il me restait  une sorte de yop local et des grany. L’avantage, et il faut en trouver,  je n’avais  pas de  vaisselle.  A cette hutte on pouvait  laisser nos poubelles, un peu de poids en moins, c'était déjà ça en moins... Après les avoir déposées, je rejoins Michael et Géraldine sur le chemin.



On avait fini la veille avec un passage de gué, et selon les rumeurs, aujourd’hui il y en aurait quelques uns à passer. Je laisse donc les claquettes à l’extérieur du sac et la serviette dans la poche. On commence par prendre un mauvais départ, en dehors du chemin balisé, j'ai l'habitude et beaucoup d'expérience dans ce domaine. Donc je  décide de continuer hors piste et de la rejoindre un peu plus loin, mes compagnons eux, reviennent en arrière, des petits joueurs. Le problème étant que je dois passer une rivière, et comme je n’ai pas envie de déchausser il fallait juste trouver le meilleur passage en dehors du chemin…J’y ai finalement laissé une chaussure, un pied trempé et une petite frayeur. Je monte  sur la butte devant moi pour rejoindre le chemin.




Plus bas je vois que mes ex compagnons ont rejoint le chemin officiel et déchaussé pour passer le gué, j’ai trop d’avance je décide de partir  seul. En effet le chemin semble facile, il fait beau par rapport à ce que l’on avait connu les jours précédents. De plus le paysage est très sympa, voir apaisant : il n’y a pas de montée à l’horizon. Un kilomètre plus loin j’arrive à un nouveau passage de gué, j’ai un peu d’avance sur les français derriére moi, je cherche un passage... Cette fois cela semble un peu trop risqué, hop je déchausse ! En même temps il y a Christophe et Mauricette qui arrivent… Je prends mon temps pour enlever mes chaussures sachant que Monsieur lui se dépêchera et fera ainsi  la « trace » dans la rivière au cas où… Tranquille, je passe derrière lui. Moi je suis cool car  je sais que lui devra porter son sac, madame, le sac de madame…  « Christophe, si tu veux la prochaine fois je passerai toute seule… »On continue quelques minutes ensemble, pas le choix ! Bon, ils ne sont pas méchants, mais un peu speed. Et puis rapidement le paysage change. On passe en quelques centaines de mètres d’un paysage herbacé,   à un paysage désertique avec un sol noir, composé de poussière de lave ou de cendres ( ?), sans aucune forme de relief, si ce n’est à l’horizon… et c’est justement là que nous devons aller… Mais cela semblait loin... Non, en fait c’était  loin.




Un peu plus loin, en arrivant au dernier gué, on voit les italiens se rechausser et filer… Pour la traversée je laisse mon ami Christophe passer  le premier…Apres le passage de la rivière, mes compatriotes vont légèrement accéléré ou c’est moi qui ait un peu ralenti le rythme : en fait j’avais déjà l’impression après 2h de marche de ne plus avancer. Il en restait au moins 3. Et là j'étais bien seul. Rien, je ne voyais  plus personne autour, et même pire aucun signe de vie...  ni devant,, ni à droite, ni à gauche, ni derrière… le néant. Même si je savais que Michael et Géraldine devaient être à 15 minutes derrière… Alors pour la première fois du voyage je sors mon mp3 et j’écoute un peu de musique.

Le désert (et ça y ressemble !) doit certainement inspirer les poètes ? Ou te conduire à quelques introspections ? Et ben pas moi ! J’ai trop mal aux pieds et aux épaules pour dépenser  la moindre énergie vers des délires personnels et autres autoréflexions ! Conclusion : pour être un poète il ne faut pas avoir mal aux pieds… ( ?) Mais pendant tout ce temps, je n’ai pas pensé à notre cher président, ce qui en soit, pourrait être considéré comme une forme de repos.

Et puis soudain je croise  quelques formes de vie…

D’abord des fleurs, courage les filles, car dans le coin il n’y a pas grand-chose à faire, et surtout pas un pub ! Mais pour vous j’ai quand même fait « l’effort » d’enlever le sac, pour mieux vous prendre en photo.



Et j’en ai profité pour faire une pause « grany et jus d’orange » : le repas du  midi.

Le second signe de vie fut ensuite un chemin pour 4x4. Et ce qui devait arriver, arriva ! Facile à imaginer ! Indices ?

  • Je suis au milieu piste, et c’est le désert autour.

  • J’écoute la musique à fond dans les oreilles

Résultat ?

Un gros connard qui s’amuse avec son klaxon !!! Et en me dépassant cet abruti me fait un signe en souriant ! Crétin !!!

Où faut-il aller ou pour écouter tranquillement de la musique ? Sur la Lune ? Je croyais y être… Et enfin à l’horizon, des êtres humains, et à pied ! Peut-être que je les rattrape ? Je n’arrive pas à y croire… ou ils font peut-être une pause ? Ah non, ils viennent dans ma direction… J’avais oublié cette option… Finalement ce seront les seules  personnes croisées de la journée…Et  je les connais, ce sont les français que j'avais croisé dans le bus entre Reykjavik et Hella quelques jours plus tôt. Ils partaient de Skogar pour le Landmanalaugar , en fait la totalité du trek, 6 jours, mais dans l’autre  sens, celui de « la montée… » : un peu taré… Et ils venaient de casser un des arceaux de leur tente : ça c'est con. «Vous allez voir il y a un super terrain de camping  pour finir le trek». Résumons : bonne chance les gars, moi  je dors dans une hutte.



En discutant avec ces «robinsons» du trek j'apprends qu'il restait 1h30  de marche  jusqu’au refuge, donc plein le cul !!! C’est à ce moment que Michael et Géraldine me rattrapent. On discute un peu ensemble, pause grany, quelques photos.  Et on termine la journée ensemble, enfin presque. Car  grosso modo, ils me larguent très vite…  Tout le monde en a plein le cul, chacun se dépêche de finir la journée, comme il peut, à son rythme...  Le mien étant assez faible. La fin est particulièrement longue et pénible, avec des paysages qui varient… peu ?



Ca doit certainement être très beau, mais après plus de quatre heures à voir le même décor… Les beaux paysages,  j’en ai un peu marre !

Et enfin… après avoir marché 15 km pendant 5 heures ,  et visité plusieurs planètes…    Que j’aime le drapeau  islandais !!!




En arrivant, j’apprends qu’il y a de la place je ne me presse donc pas pour m’installer. Je me mets à une table dehors, au soleil svp, et  j’enlève les pompes … et qui je vois ? Mes amis espagnols de la veille qui sont entrain de s’interroger s’ils n’enchaîneraient pas avec une autre étape dans la  même journée… Ca c’est vraiment une super idée : 30 bornes dans la même journée, ça serait trop cool ! Je les encourage même  à le faire… ça me faisait du bien, avec les lunettes de soleil…




Les italiens arrivés depuis fort longtemps consultent leur guide pour aller faire leur petite promenade de l’après midi, là ça se fera sans moi !!! Car une fois les affaires installées, les chaussures enlevées, ma promenade de cette fin de journée consistait à faire quelques tours de la terrasse, pieds nus, histoire de faire respirer le « matos ». Parce que la fameuse excuse, « allons voir des beaux paysage…, moi  plein le c… » Maitenant  il fallait penser à alimenter  le moteur, seulement il ne reste pas grand-chose à manger… Je retrouve au fond de mon sac des biscuits secs, je laisse discrètement les raisins  à Matteo revenu déjà de sa deuxième ballade de la journée.  On discute tous les 3 avec Veronica des ballades qu’ils avaient déjà fait, notamment de la Patagonie, bref de sa passion de randonneur. En rentrant ils avaient prévu de faire une présentation « power point » à ces potes  « trekkeur ».

Arrivée des allemands quinquagénaires dans notre dortoir,  le coin cuisine devient vite squatté ! On réussit à garder  la table au  soleil, bien  agréable après quelques jours de mauvais temps.

Pour changer, je me suis fait de la soupe aux vermicelles, j’ai mis un peu trop d’eau, j’en ai bu 4 bols… Puis on discute avec les allemands (we are open mind !), l’un raconte sa passion pour Sao Paolo et un autre m’explique que Ribery est un super joueur…Je profite également de la super lumière pour aller prendre des photos du coin avant d’aller  me coucher. Vers 23h, les allemands rejoignent leur lit. Et presque immédiatement le concert débute !!! Si la veille il ne s’était rien passé, là le très grand show commence… Fidèle à la tradition, les allemands s’organisent extrêmement bien en relais. Au début j’ai pris des notes, admiratif…  Je suis sorti 2 fois vider les 4 bols de soupe et m’aérer aussi la tête… Mais vers 2h du matin, après avoir cumulé 30 mn de sommeil, j’ai joué au français pas content en allant expliquer à l’un des protagonistes que le spectacle commençait à s’éterniser et qu’il était temps de conclure… Il a certainement du se remettre à ronfler très vite, mais il me laissa un laps de temps assez grand pour m’endormir, ouf !








Jeudi 2 août. 4ème journée du trek

Par Johann :: dimanche 10 février 2008 à 0:10

C’est vers 6h15 que les italiens se sont réveillés, entraînant avec eux le levé de la majorité des randonneurs devant des quinquagénaires allemands exaspérés d’être sortis de leur sommeil si tôt. Mais, ce matin-là, vu de mon duvet, les préparatifs me paraissaient particulièrement matinaux. Un petit coup d’œil à travers la fenêtre me fait comprendre cet empressement général : pas un seul nuage à l’horizon. !



Ayant bien peu à préparer pour mon petit déjeuner , un jus d’orange et des barres de céréales, et d’affaires à sortir de mon sac, je me retrouve très tôt prêt à prendre la route. Ne souhaitant pas partir avant les cadors, je m’occupe à bien ranger mon sac... C’est vers 08h20 que je prends la route.Exceptionnellement, j’avais un peu étudié le parcours de la journée sur la carte au 100 000ème qui, jusqu’à présent, ne m’avait pas servi à grand-chose! L’étape du jour était essentiellement plate, elle consistait à suivre un canyon. Même si elle était un peu longue, la seule difficulté résidait dans le passage de gué juste avant l’arrivée.

Parti de bonne heure, tranquille, pour la dernière ligne droite du trek, j'étais accompagné par un grand soleil pour une belle journée, la plus belle depuis que je suis en Islande. Cela devrait me permettre de m’arrêter à tout moment sans craindre une pluie éventuelle... et rien que cette pensée m’était très, très agréable. Il n’y avait alors aucune raison d'aller vite !

Comme les autres jours il n'y avait personne dans les parages, j’ai du employer toute « ma capacité créatrice », utilisant le soleil et les ombres pour faire une série de photos, dont je suis aujourd’hui assez fier (…)




Aprés avoir traversé le canyon passé, il ne restait qu’à le suivre pendant une dizaine de kilomètres.



J’ai d'abord commencé la journée en m’arrêtant peu, puis de plus en plus souvent pour soulager mes épaules et aussi pour profiter du paysage et du beau temps. C’était l’occasion d’apprécier les dernières heures sur ce trek. Je me fais alors rattrapé par un couple d’allemands que j’avais régulièrement croisé le long du chemin. Ils me demandent si je ne voulais pas de la crème solaire… Evidemment que je n’en voyais pas l’utilité, restons fidèle à la tradition !!! C’est alors que j’enléve mon kway, pour la première fois du trek. Assez rapidement je sens une petite montée de température au niveau de la nuque... Je me souviens subitemment de l'utilité de la crème solaire pour peau sensible.


Après 5h de marche, de jolis paysages, des pauses de plus en plus longues et des analyses de la carte de plus en plus régulières, je vois apparaître mon Christophe « testeur de gué » et sa Mauricette. Tant mieux, on se rapproche du point de passage de la rivière. Ils me doublent : génial... et malheureusement, non pas en raison d’une accélération de ma part, mais parce qu’ils font une « pause-repas-je regarde le paysage », je les redouble en haut d’une côte...

J’aborde alors en tête la descente qui mène au gué. J’ai toujours su que j’étais un mauvais descendeur, et j’espérais l’être encore plus ce jour là. Hélas, en dépit de tous mes efforts de lenteur, j'arrivais le premier à la rivière.


Au même rythme j’enlevais mes chaussures, faut dire j’avais mal aux pieds, et quand on a de telles douleurs, à la limite du supportable, il faut y aller doucement. Finalement, au pas de course arrive le fameux « testeur de gué », et sa Mauricette qui, très avisée, allait donner régulièrement son avis sur la meilleure voie à prendre.

En fait j’ai été quelque peu déçu par mon « poisson pilote ». Je ne pense pas qu’il ait choisi le meilleur passage... Car sur le début du gué j'étais pas trop fier : le sol caillouteux -instable, un courant un peu fort et une eau un peu froide, le sac trop lourd amplifiant les déséquilibres...

Mais n'écoutant que mon courage je me suis lancé... et ouf je suis arrivé indemne de l'autre coté du fleuve...




Alors que j’avais rechaussé et que je m’apprêtais à repartir, Michael et Géraldine arrivent sur le point de passage. J’attends un peu pour voir si tout allait bien se passer pour eux. La traversée s’est avérée un peu difficile pour Géraldine, probablement en raison du courant, mais aussi de la fatigue accumulée durant la journée et le trek… C’est vrai que pour les « citadins non montagnards », la fatigue commençait à s’accumuler, physiquement et moralement.

Le trek se terminait dans un décor original : une petite ballade en forêt, certes Islandaise (pas la peine d’imaginer la forêt de Brotonne !). Un peu de végétation sous le soleil, c’était quand même bien sympa pour terminer les 4 jours de Trek.




Un peu plus loin j’attends mes 2 compagnons de fin l’étape. On prend quelques photos pour marquer la fin de notre périple.




Mais nous devions déjà nous projeter sur la journée du lendemain et du bus à prendre pour Reykjavik. Sur le site de Þorsmork, il y avait plusieurs huttes ou l'on pouvait passer la nuit mais toutes n’étaient pas desservies par le bus, et comme je n'avais pas envie de me taper une marche le lendemain... Sans trop d’infos nous prenons la direction de la hutte de « Langidaladur ». Apres 2 kilomètres de descente pas facile, et même la descente j’en avais marre, nous rejoignons enfin la hutte. Pierre et Virginie se font bronzer sur une pelouse, sous un bien joli soleil. J’en fais de même. Je vire délicatement les chaussures de randonnée pour déambuler pieds nus sur l’herbe. Trop trop cool !!!




Pendant ce temps là Michael va aux nouvelles. Et elles ne sont pas bonnes ; nous n’étions pas à la bonne adresse...! De toute façon, en dépit de ces 80 lits, la hutte affichait complet… Plein le cul !!! Avant de repartir il y avait moyen de se ravitailler localement… Et Hop on remet le sac !!! Pff. Aucune envie de remette les chaussures de «rando. ». Je décide de faire les deux kilomètres de trajet jusqu’à la hutte d’Husadalur en claquettes ! Je savais qu’il y en avait pour trente minutes… Et toutes les cinq minutes je regardais ma montre !




Une fois arrivé, je pose vite mon sac et squatte le premier banc ! Plus possible que je bouge de là ! Un peu plus loin je vois une nana en train de téléphoner avec son portable… j’avais oublié que ça existait, incroyable retour à la civilisation ! La veille elle était arrivée de Landmannalaugar en faisant toute la dernière étape sous la pluie, ça c’est con …!

LA bonne nouvelle, nous étions au bon endroit pour prendre le bus ! Pour fêter cela, je suis bien resté trente minutes au soleil, sur mon banc à ne rien faire ! Strictement rien !!!! L’autre bonne nouvelle, c’est que nous n’étions que tous les trois dans un chalet pour vingt. Le top ! Encore une autre bonne nouvelle ? Un abonnement à un spa à cinquante mètres de nos quartiers… Cela ne valait pas le blue lagoon, mais c’était, quand même, super ! ! Tout propre pour le festin du soir, coca et pâtes . Le luxe !!!




Après manger, je suis parti me balader et profiter de l’un de mes derniers couchers de soleil islandais…




Le Trek de Landmannalaugar vient de s’achever après 70 km de balade, 50 km officiel plus quelques errements kilométriques hors piste. Il est jugé par les « spécialistes », comme assez facile. Ce n'est pas faux, mais il le devient beaucoup moins, si on est peu ou pas préparé ! Et par moment, c’est bien moi qui l’ai rendu bien plus difficile qu’il ne l’était, par un sac inadapté, trop lourd, des vêtements pour aller à la pêche à la crevette par beau temps en Normandie et une alimentation peu en rapport avec l’effort demandé.

Au milieu du premier jour, déjà sans savoir si j’allais finir l’étape je m’étais clairement avoué que je ne souhaitais pas revenir sur ce trek… Mais aujourd’hui cette randonnée demeure pour moi le souvenir de moments rares, la rencontre avec des «gens» et de rares paysages.


Avant de rentrer "home"

Par Johann :: lundi 11 février 2008 à 7:30

Vendredi 3 Août : 

On devait prendre le bus pour Reykjavik pour 8h30, on fixe donc le réveil vers 07h30. Vers le matin j’entends un peu de bruit dans le chalet, ça se prolonge… Il y a quelqu’un dans la cuisine… Toujours dans mon duvet je rejoins l’autre pièce façon Kangourou… Michael était debout habillé, me regarda un peu halluciné : « il est 7h30, dans une heure on part ! ». Et non, il était 5h30, dommage… retour au lit pour 2 petites heures…

A 8h30, au moment de prendre le bus, m’a carte de crédit avait disparu, petit moment de panique, je la retrouve un peu plus tard…

Avant le retour à la civilisation, dernières émotions avec le bus au milieu des gués et d'un paysage sans trop d’habitations.



Encore quelques émotions en passant à Hella : c’est là que l'aventure du Landmannalaugar avait commencé... le camping au bord de la rivière, la rencontre avec Jean Yves et Anne…

Une fois à Reykjavik, après avoir dit au revoir à Michael et Géraldine je pars au camping de la ville.

Le temps est maintenant menaçant, je suis un peu inquiet pour mes 2 dernières nuits islandaises au camping local, le temps est menaçant.Cela serait trop con de se faire tremper après être revenu indemne du bout du monde... Une fois installé, je me ravitaille sans excès (2L de jus de fruit et le paquet de chips 500g, 5 euros chacun),et je prends la direction de la piscine, et oui, elle est juste à coté du camp.

Après avoir un peu nagé, je profite des bassins d’eau très chauds. : 4 grandes baignoires rondes sont disposées le long du bassin de 50 m. La 1ère affichant 40°, la 2nde 42°, la 3ème  42° avec des bulles, et la 4ème 44°, là on tend vers l’insupportable…




Pour supporter les plus hautes températures, les autochtones font  le circuit du moins vers le   plus chaud. Parfois ils font des pauses au hammam, ou au bain d’eau de mer ! Vive l’Islande. J'ai donc suivi le rituel pour terminer dans le hot spot : rentrée progressive,   marche après marche, tout doucement… et je m’asseois très très lentement mais juste quelques secondes… Et le challenge est réussi !!!




En sortant de la piscine j’ai vu une affiche de polo, j’ai téléphoné au numéro sur l’affiche. Malheureusement en période estivale il n’y a  pas d’entraînements, cela sera pour une autre fois !

Retour au camping, puis direction le centre ville à 20mn à pied ! J'achete les dernières cartes postales, et je jette un coup d'oeil sur les fringues … Heureusement que c’est un week-end particulier en Islande, que les magasins pour touristes ferme à 22h car j’étais un peu à la bourre. Apres plusieurs librairie je trouve une carte de la région du Landmannalaugar au 25 000ème : bonne nouvelle.  En rentrant je me trompe de chemin… pourtant cela paraissait simple de revenir au camping…




Samedi 4 août :

Réveil tôt et direction la piscine. Cette fois je nage 1km avec une belle série de 10x50 (1er en 48, le dernier en 45, et le reste en 52… en bassin de 50m…). Puis je reprends le même rituel des bains chauds. Un peu plus de Hammam, mais je fais l’impasse sur les 44°…

Retour au camp pour festin : préparation d’une purée en sachet, j’ai enfin le lait. Je noie la purée dans une mélasse de fromage…

Puis, direction le centre ville pour les ultimes achats ! J’hésite pour les T-shirts … surtout que leur XL sont destiné s à des nains.

Et sur un trottoir, je croise ? La dutch team du Landmannalaugar, lui et elle ! Et ils venaient juste de m’envoyer un texto… On se fait rdv 2 heures plus tard pour aller boire un verre en ville. Entre temps je dois rentrer au camping pour aller chercher une facture pour me faire rembourser les taxes à l’aéroport ! 20mn aller + 20 mn retour, j’ai mal aux pieds, quelle galère.




Re par hasard au camp je tombe sur Célia et Audrey les 2 nanas qui avaient eu un problème avec leur avion à Roissy. On se dit que l’on secroisera forcément en ville. plus tard dans la soirée. Une fois en ville je retrouve la dutch team ! On bois un petit verre  de bière (en fait 2). Ils sont vraiment très gentils, et très très cools. Vers minuit alors que l’on prenait la direction du couchage, on tombe sur les parisiennes.

Je les rejoint alors que la dutch team part se coucher ! Les 2 Ginettes sont également très cool.s Je repars sur une chope de bière. Discrètement je reverse dans leur verre mon trop plein de liquide. Bien plus tard on rentre tous les 3 au camp, et on profite de notre dernier lever du soleil islandais.


Dimanche 5 Août :

Réveil très matinal après avoir peu dormi. Je soupçonne mon matelas d’être crevé ! Il se dégonfle apparemment autant de fois que je le regonfle : c'est pas bon signe, heureusement c’est le dernier jour. En dépit d’un temps menaçant il n’aura pas plu pour ces 2 derniers jours à Reykjavik. De quoi réduire au silence toutes les rumeurs d’avant le voyage… Il pleut très peu en Islande !!!!

Rangement des affaires, pliage de tente et j’écris les dernières cartes postales. Vers 13H30, le bus nous emmène directement à l’aéroport.

Je revois une dernière fois ce paysage de lave, qui sert de jardin à certaines maisons…





Juste avant d’entrer dans l’avion je m’arrête à la boutique « 66° north », la boutique super chic de sports wear local ! Et je ne sais pas je craque pour Le polaire… Que je n’avais pas eu pour le trek ! (Je l’aurais peut-être abîmé ?)

 
L’avion décolle vers 17h30, il y a une super vue (Keflavik) !!!



3 heures plus tard nous survolons la Normandie, l’Islande est maintenant loin derrière


Maintenant...... à  vos commentaires...................... 


Bonus

Par Johann :: mercredi 13 février 2008 à 1:47

C'est Cadeau....



























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